Le groupe de protection sociale Apicil a présenté le 22 septembre Aidance, une offre destinée aux entreprises qui veulent soutenir leurs salariés aidants. Elle réunit un accompagnement du salarié, une garantie ajoutée au contrat de prévoyance de l’employeur et un module de sensibilisation pour l’entreprise. Elle est proposée à partir d’octobre, en direct et par les courtiers.
Une offre née d’une consultation de ses clients
Le projet découle du plan stratégique « Impulsions 2028 » d’Apicil. En janvier 2025, le groupe a engagé une réflexion sur les enjeux de société. Il a ensuite consulté des particuliers, des entreprises et des travailleurs non salariés parmi ses clients. Trois sujets en sont ressortis : la santé mentale, l’accompagnement des cancers et l’aidance. Le groupe a accéléré sur le troisième, parce que ses entreprises clientes y sont de plus en plus confrontées.
L’offre a été construite par les équipes santé-prévoyance d’Apicil, avec des salariés aidants clients du groupe. Selon Apicil, 8 à 11 millions de personnes en France concilient un emploi et l’aide à un proche malade, dépendant ou handicapé. Toujours selon le groupe, un salarié sur quatre serait concerné d’ici 2030.
Ce que reçoit le salarié aidant
Le parcours va du repérage de la situation jusqu’à une aide financière pendant les absences.
Un diagnostic et un care manager
Le salarié commence par un auto-diagnostic. Il mesure la place que prend l’aide dans son quotidien et ses effets sur son équilibre personnel, son travail et sa santé. Un care manager dédié prend ensuite le relais. Il établit un diagnostic complet de la situation de la personne aidée, construit un plan d’accompagnement personnalisé et coordonne les intervenants autour d’elle.
Des allocations pendant les congés légaux
C’est la partie la plus originale de l’offre. Une garantie s’ajoute au contrat de prévoyance de l’employeur. Elle verse des allocations journalières pendant un congé légal, notamment le congé de proche aidant, de solidarité familiale ou de présence parentale. L’employeur n’est pas tenu de payer ces trois congés. Apicil n’a publié ni le montant de ces allocations, ni leur durée, ni un éventuel délai de carence.
Ce que reçoit l’employeur
L’entreprise dispose d’un module de sensibilisation. Il explique ce qu’est l’aidance et ses effets au travail, présente les dispositifs légaux et aide à repérer les salariés concernés, qui ne se signalent pas toujours.

Véronique Giubergia, directrice de l’offre santé-prévoyance, le résume ainsi : « Prendre soin de ses collaborateurs aidants permet de renforcer l’engagement de chacun et de réduire l’absentéisme. » L’objectif affiché est que ces salariés n’aient pas à choisir entre leur métier et le soutien à un proche.
Pour quelles entreprises et à partir de quand ?
Aidance est proposée à partir d’octobre. Elle vise d’abord les entreprises qui ont, ou prennent, une offre standard de prévoyance chez Apicil. La garantie d’allocations s’ajoute à ce contrat collectif et ne s’achète pas seule. L’offre est vendue en direct et par le réseau de courtage. Apicil prévoit de la faire évoluer selon les retours des entreprises. Aucun tarif n’a été communiqué.
Et pour une entreprise qui n’est pas assurée chez Apicil ?
Ses salariés aidants s’appuient sur les droits prévus par la loi, qui sont limités. Le congé de proche aidant dure trois mois au plus, sauf accord collectif, et se renouvelle dans la limite d’un an sur toute la carrière. Avec l’accord de l’employeur, il peut se prendre à temps partiel ou par demi-journées. La CAF ou la MSA verse alors l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), soit 66,64 € par jour en 2026. Elle est limitée à 22 jours par mois et à 66 jours par proche aidé. Ce forfait est le même pour tous : plus le salaire est élevé, plus la perte de revenus est forte.
Les deux autres congés suivent la même logique. Le congé de solidarité familiale, pour accompagner un proche en fin de vie, dure trois mois renouvelables une fois et ouvre droit à l’AJAP. Le congé de présence parentale, pour un enfant gravement malade, accidenté ou handicapé, offre 310 jours ouvrés sur trois ans, indemnisés par l’AJPP.
Pour aller au-delà, l’employeur peut négocier un maintien de salaire par accord d’entreprise ou interroger son propre assureur de prévoyance. Notre page sur la prévoyance collective des entreprises explique quand ce contrat est obligatoire, comment il se met en place et comment le modifier.
