Il existe différents produits d’épargne retraite, parmi ces solutions, il y a le plan d’épargne en actions. Appelé PEA, ce produit d’épargne est une enveloppe fiscale qui permet de faire des investissements et de réaliser des plus-values sur les parts détenues. Après 5 ans, il est possible d’obtenir un capital ou, sous certaines conditions, une rente viagère.

Or, comme pour l’assurance vie, l’épargne peut être récupérée avant ces cinq années, mais cela entraîne aussi la clôture du contrat, sauf exceptions. Qu’est-ce que le Plan d’Épargne en Actions au juste ? Quelles conditions pour ouvrir ce contrat ? Quels sont les frais liés à la détention d’un PEA ? Réponses dans cet article.

Le PEA (Plan d’Épargne en Actions), qu’est-ce que c’est ?

Également appelé PEA, le Plan d’Épargne en Actions a été introduit en 1992, et a été simplifié en 2019 par la loi Pacte. Il s’agit là d’un produit d’épargne, soit une enveloppe fiscale qui permet d’investir sur des marchés européens. Les gains restent soumis aux prélèvements sociaux (18,6 % depuis le 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant), mais ce produit d’épargne est exonéré d’impôt sur le revenu et offre un réel avantage fiscal après 5 ans de détention.

On retrouve deux types de PEA :

  • Le PEA bancaire : vous pouvez ouvrir un plan d’épargne en actions bancaire auprès d’une banque ou d’un établissement de crédit ou d’investissement. Par ce faire, vous ouvrez un compte titres associé à un compte-espèces. La sortie se fait uniquement en capital.
  • Le PEA assurance : vous pouvez ouvrir un plan d’épargne en actions assurance auprès d’une compagnie d’assurance. Le contrat qui vous sera proposé est un contrat de capitalisation en unités de compte (UC). Seul ce type de PEA permet, après 5 ans, de convertir le capital en rente viagère exonérée d’impôt sur le revenu, une option que le PEA bancaire n’offre pas directement.

En fait, le plan d’épargne en action prend la forme d’un produit d’épargne et d’un produit de défiscalisation. C’est un produit d’épargne qui vous permet d’investir dans des actions d’entreprises cotées en Europe et dans des placements collectifs de type FCP, SICAV et FIA. C’est d’ailleurs pour son avantage fiscal que cette solution s’avère particulièrement intéressante pour ceux qui préparent leur retraite.

En effet, en souscrivant un plan d’épargne en actions, vous avez la possibilité de diversifier vos investissements et d’anticiper votre retraite. En même temps, vous arriverez à augmenter votre patrimoine financier et à réaliser des plus-values. Après 5 ans de détention, vous pourrez récupérer l’épargne sous forme de capital ou de rente viagère, et ainsi vivre votre retraite confortablement. Quant à la gestion du PEA, elle peut être confiée à un conseiller.

Un point à connaître avant de choisir la rente viagère : si elle est bien exonérée d’impôt sur le revenu, elle reste soumise aux prélèvements sociaux sur une fraction de son montant, déterminée selon votre âge au moment de la conversion : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, et seulement 30 % au-delà de 69 ans. Concrètement, plus vous retardez la conversion en rente, plus la part taxable diminue, ce qui explique pourquoi de nombreux conseillers recommandent d’attendre le plus possible avant de basculer en rente.

Le PEA jeune, lancé en 2019

Depuis 2019, il existe le PEA Jeune. Il s’agit d’un plan d’épargne en actions classique, sauf qu’il s’adresse aux personnes rattachées à un foyer fiscal. Avant la mise en place de ce plan, seuls les majeurs pouvaient ouvrir un PEA. Ce dispositif s’adresse aux personnes de 18 à 25 ans, à condition de rester rattachées fiscalement au foyer de leurs parents ; à leur sortie du foyer fiscal, le PEA Jeune se transforme automatiquement en PEA classique. Quant au plafond, il est de 20 000 euros.

Les frais liés à la détention d’un PEA

Il y a différents frais à la détention d’un PEA, mais ceux-ci sont plafonnés par la loi depuis un décret d’application de la loi Pacte entré en vigueur le 1er juillet 2020. Parmi les différents frais, il y a :

  • Les frais d’ouverture, plafonnés à 10 € quel que soit l’établissement
  • Les frais de gestion et de conservation des titres (droits de garde), plafonnés à 0,40 % par an de la valeur du plan, avec une majoration possible de 5 € par ligne de titres cotés ou 25 € par ligne de titres non cotés
  • Les frais de tenue de compte (une fois par an)
  • Les frais de courtage
  • Les frais annuels (placements collectifs)
  • Les frais de transfert en cas de changement d’établissement, plafonnés à 15 € par ligne de titres cotés (50 € pour les titres non cotés), dans la limite totale de 150 €
  • Les frais de clôture (cela dépend de l’établissement)

Avant de choisir un établissement, mieux vaut comparer l’ensemble de cette structure de frais et pas uniquement les frais d’entrée : sur un capital important conservé plusieurs années, ce sont surtout les droits de garde récurrents qui pèsent sur le rendement final.

Les conditions pour ouvrir un PEA

Pour ouvrir un Plan d’Épargne en Actions bancaire ou assurance, vous devez respecter quelques conditions :

  • Vous devez être majeur
  • Vous devez être fiscalement domicilié en France
  • Vous devez être titulaire d’un seul PEA
  • Vous devez souscrire un contrat PEA individuel et pas sous la forme d’un compte joint
  • Vous devez être le seul à pouvoir réaliser les achats et les ventes

Le fonctionnement du plan d’épargne en actions

Le fonctionnement de ce support d’épargne est relativement simple. Vous ouvrez un PEA et vous effectuez un premier versement. L’ouverture est effective dès que le premier versement est effectué. La date d’ouverture est d’ailleurs importante, car c’est ce qui déterminera la fiscalité du placement. Vous devrez obligatoirement respecter le plafond.

Comme pour l’assurance vie, votre épargne n’est pas bloquée. Vous êtes libre d’effectuer des retraits avant les 5 ans, mais notez que le fait de retirer les fonds clôture automatiquement le PEA, sauf dans quelques cas dérogatoires précis : la création ou la reprise d’une entreprise, mais aussi le licenciement, l’invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, ou la mise à la retraite anticipée du titulaire, de son époux ou de son partenaire de PACS.
En dehors de ces situations, un retrait avant 5 ans entraîne, en plus de la clôture, une imposition du gain net réalisé depuis l’ouverture au taux forfaitaire de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent les 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total sur la plus-value. Renseignez-vous bien sur la clôture de votre compte, car cela a un impact réel sur l’imposition des plus-values.

Bon à savoir : si le retrait est effectué après le cinquième anniversaire, de nouveaux versements pourront être effectués dans la limite du plafond. Cela veut dire que les retraits après les 5 ans n’engendrent pas la fermeture du PEA.

Comment alimenter le plan d’épargne en actions ?

Le PEA est soumis à un plafond de 150 000 euros. C’est le montant maximal que vous pourrez verser. Le produit se compose d’un compte-titre et d’un compte espèces. Le compte-titre est le compte où se trouvent les différents titres que vous achetez. Quant au compte-espèces, il se compose de liquidités qui peuvent être utilisées pour acquérir des titres. Voici les supports autorisés sur le PEA :

  • Les actions et les titres assimilés de sociétés siégeant en UE, en Islande ou en Norvège
  • Les placements collectifs comme les OPCVM (Sicav et FCP), sous réserve qu’ils soient investis à au moins 75 % en actions européennes éligibles

Les titres ou droits démembrés, les obligations, les titres d’un PEE, les parts de sociétés foncières cotées (SIIC), et les bons de souscription d’actions ne peuvent pas être intégrés au plan d’épargne en actions.

Si le plafond de 150 000 € est atteint, il reste possible de continuer à investir via le PEA-PME, une enveloppe complémentaire dédiée aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire européennes. Son plafond de versement est cumulé avec celui du PEA classique dans la limite de 225 000 € au total pour une même personne, soit jusqu’à 300 000 € pour un couple disposant chacun des deux enveloppes.

Nos conseils pour bien choisir un PEA

Vous devez vous poser les bonnes questions, mais aussi prendre le temps de comparer les conditions et les contrats de différents établissements. Vous pourrez comparer les offres des banques traditionnelles, des banques en ligne et des compagnies d’assurance. Commencez par définir vos objectifs et le type de rendement que vous espérez obtenir. Vous devrez aussi vous interroger sur vos connaissances sur le sujet de la finance.

Ensuite, il vous faudra analyser les différents supports financiers et les types de gestion. Vous pourrez vous faire accompagner par un conseiller pour cela. Ce professionnel vous aidera à définir votre profil d’investisseur et de choisir les supports d’investissement les plus adaptés. Enfin, utilisez un comparateur en ligne pour comparer les coûts.

En conclusion

En somme, un plan d’épargne en actions est une solution intéressante qui permet d’obtenir un capital ou, via un PEA assurance, une rente viagère au bout de 5 ans. C’est un plan qui n’a aucune obligation de versement, et qui peut être clôturé avant les cinq années, moyennant une fiscalité moins favorable. Enfin, le plan d’épargne en actions peut être transféré d’un établissement à un autre sans perdre son antériorité fiscale. Si vous avez déjà un PEA et si vous souhaitez changer de banque ou de compagnie d’assurance, parlez-en à votre conseiller qui vous expliquera la marche à suivre.